Les Entretiens 912 #7 – DAVID

 Entretien 7 # –David – 38 ans- Forages pétroliers – Béarn / Ecosse –Porsche 912 – Champagne Yellow  –  3 compteurs-1966

David, c’est un peu notre encyclopédie technique vivante  au club, le wikipedia de la 912, le père Fourras de la pièce perdue, vous cherchez la vis qui est situé sur le shema 11 alinea 3 du plan de la voiture, un problème de synchronisation de carbus ou un soucis de richesse, il est la  et à la solution…on vous raconte aujourd’hui son histoire.

Comment as tu découvert la voiture ?

Pour la petite histoire : Je venais de changer de boite après dix ans à trimmer comme un âne aux quatre coins du monde.  Je me retrouve en Angola, dans des bureaux de ma nouvelle boite, ou je rencontre un (désormais) ami, qui avait eu le même parcours. Pour une raison dont personne ne se souvient, on en vient à discuter bagnoles (ça devait être après les résultats du foot et le 3e café). Là je lui dis que mon rêve de gosse est une 356 ou 911 classique, pas une SC ou une type G, non une vraie, les premières, mais que le prix est (déjà en ces jours) prohibitif. Une 914 peut être,…  Il s’avère que le type est un gourou de la VW, du split au T3 en passant par le 181 il a à peu près un modèle de chaque. Il me branche sur la 912, qu’il connait vaguement, avec me dit-il un moteur VW (Ignare à l’époque  :-)). Il n’en fallait pas plus pour me lancer.  Il me branche également sur un site qui m’est inconnu, the Samba, et me tuyaute sur les importateurs avec lesquels il a bossé pour importer ses VW depuis la Californie.

S’en sont suivis un paquet de nuits blanches à me documenter sur la voiture et à chercher le modèle de mes rêves… On parle de décembre 2012, la côte commençait juste à monter sans s’être pour autant déjà enflammée.

A quand remonte l’achat de cette Porsche 912 ?

Paulette AKA « la Champagne »  a été dénichée aux US en mai 2013 après plusieurs mois de recherche. On s’imagine facilement un type obsédé par la 912 depuis ce fameux jour de décembre. Un soir, j’étais tranquille avec mon épouse en train de me repasser pour la 50e fois de la soirée les annonces diverses en revue.  La, ma femme me dit : « si tu continues à les regarder comme ça sans jamais rien faire de plus il ne risque pas de se passer grand-chose ». Onde de choc, déglutissement, je lui demande juste si elle est bien consciente des conséquences, elle me dit que oui. L’aventure était lancée ! Je contact direct T-Fab rapport a trois merguez vues sur the samba. Le Type est pro, me les identifies rapidement comme telles, et me tuyaute sur une voiture saine et roulante dans ma bande de prix.  L’aventure « la champagne » était lancée.

Paulette Arrivait à Cuzorn mi-septembre et je la ramenai par la route dans le sud-ouest à la fin du même mois.

 

Quels travaux ont été nécessaires pour remettre l’auto sur la route ?

La voiture est très saine, il n y a donc rien eu à faire coté carrosserie. Coté mécanique et entretien, c’était une autre histoire.  J’avais fait faire une révision sommaire aux US pour passer le CT et être sûr de pouvoir faire la route entre Cuzorn et Pau. La voiture ne tournait pas trop mal à réception, et la route s’est plutôt bien passée, hormis un ralenti qui ne tenait pas après 200 bornes et quelques ratées. Le premier coup de fil a été pour la Californie, pour demander à T-Fab depuis combien de temps la voiture n’avait pas passé le 50MPH. « Depuis pas mal de temps je pense » a été la réponse. Ca a d’abord commencé par une synchro des carbus et  réglage des culbus, suivi par une réfection complète de l’allumage (bougies, faisceaux, bobine, rupteurs, régulateur, mise en place kit pertronix).

Le ralenti était toujours mauvais à chaud. Je me suis donc occupé de reconditionner l’allumeur. Je suis ensuite passé au réglage « fin » des carbus avec une Lambda, le coté moteur était terminé. La, premier gros essai dans mes coteaux béarnais, et premier gros pépin avec casse de la colonne de direction. Des sauvages avaient mixé des éléments de 67 avec du 66 sur la colonne et ça ne fait pas bon ménage (cannelures). Plus de peur que de mal, et j’en profite pour reconditionner ma crémaillère, passer en biellettes turbo, puis faire refaire un réglage de hauteur de caisse et un para car le tout est assez artisanal. Je réalise en même temps que la voiture a des moyeux en 32 qui ne sont pas compatibles avec les jantes en 6J qui équipent la voiture (d’où la colonne cassée) et décide de passer la garde au sol en config « 68/69 » avec entretoises avant et arrière.

Entre temps il y aura eu les classiques, avec réfection complète de la tringlerie de levier de vitesse, sécurisation électrique, reprise de quelques câblages, changement des contacteurs, remise en place du lave vitre, reprise du tableau de bord découpé a la scie sauteuse pour montage autoradio, les roulements arrière,…

Le dernier gros projet a été de ramener une boite 5 vitesses de 67 et de ré-étager légèrement la 5é avec une Z (au lieu du X) pour un Cruise un peu plus silencieux et économique sur les longues distances.

Rien donc de très grave hormis la crémaillère, mais beaucoup de détails négligés à fixer pour rendre l’auto fiable et agréable à conduire.

Comment est utilisée la voiture ?

La voiture est en France et je bosse en Ecosse. J’ai décidé de ne pas la ramener la haut à cause du climat, et surtout du sel qu’ils mettent sur les route entre début novembre et fin avril.  C’est donc mon Daily Driver quand je rentre 4-5 fois par an pour les vacances ou j’en profite à fond dans le piémont pyrénéen.

Qu’est-ce qui fait vibrer ta corde sensible avec la 912 ?

Que dire, le galbe ! La ligne ! Avec un très gros faible pour son postérieur :-). Ensuite, l’ambiance, les odeurs, la sonorité, entre les relents de graisse, d’huile chaude parfois légèrement soufrée quand ton joint spi de nez de boite fuite au passage de la 3é, le bruit des carbus quand tu passes le pied au plancher au-delà des 4000 tours…

Rien n’est aseptisé, c’est juste la conduite à l’état pur, ou tu peux dire exactement quel est l’état de la route, tout comme si ton roulement extérieur avant gauche commence à prendre du jeu.  Et puis au final, la tenue de route est assez incroyable pour un engin de 51 ans. Je reste toujours bluffé par l’avant-garde du design : châssis, freinage, tenue de route, nos 912 n’ont pas grand-chose à envier à un véhicule moderne, et si on compare aux véhicules du même âge, c’est quasiment sans commune mesure !

Quels sont tes souvenirs automobiles d’enfance ?

Pas très nombreux niveau expériences, mais avec un père motard qui faisait tout lui-même sur les voitures familiales et qui passait du temps devant auto moto, j’ai toujours été plus ou moins baigné dans l’amour des belles voitures ! Et puis une Renault 18 turbo (je me souviens encore bien du sifflement caractéristique du turbo et du coup de raquette) comme familiale, et quelques années plus tard un moment magique fin des années 80 où je suis monté à 200 dans la 911 d’un ami de la famille, scotché sur la banquette arrière. Le bruit, l’odeur,  la sonorité, je crois que c’est ça qui a du tout déclencher !

Quels autres véhicules as-tu ou as-tu possédé ?

Ma première voiture a été une Opel Corsa série A, 1L, 4 vitesses, bloc Isuzu parfaite pour apprendre la mécanique, les carbus, et l’avance à l’allumage ! Après ça, des routières âgées mais économiques et pratiques : Une XM, une Laguna nevada, un Fiat Multipla (Attention, pas n’importe laquelle, le Facelift !) et dernièrement une 307SW pour la France. J’ai donc autant de griefs contre Renault que PSA ! Mes caisses sont des utilitaires, et le principal est de pouvoir y fourrer tout autant les gosses que le chargement de gravats pour la déchetterie…  La plus fun: un Suzuki samouraï de 20 ans d’Age au Gabon qui nous emmenait partout et sur les spots de surf les plus remote. Ma muse du moment ici en Ecosse, c’une Mini Cooper S de 2006 (quand ma femme me laisse la conduire, c’est à dire pas souvent).

Quel est la réaction de l’entourage familial ou professionnel face à cette passion ?

La réaction a été plutôt bonne. Au boulot, on taffe offshore par choix en général, souvent celui de bosser comme des ânes mais de pouvoir se payer nos rêves! Pour citer Jeremy Clarkson, « Tu bosses pas dur toute ta vie pour te payer un Renault Kadjar ! » Ça n’a donc pas été un problème au contraire. Au niveau de la famille, ça a été simple : Mon père a été rallié en un coup de fil, et pour les autres,  j’entends encore le « depuis que t’as dix ans tu dis qu’un jour tu auras une Porsche, voilà qui est fait ». Après, il y a et il y aura toujours les jaloux qui me diront qu’il manque deux cylindres à ma 911. Ceux-là, j’attends toujours qu’ils me parlent de leur passion et qu’ils aillent s’éduquer un peu sur les origines de Porsche!

Es-tu prêt à t’en séparer ?

Même pas en rêve.

As-tu d’autres projets en cours ?

J’ai failli craquer sur une 914 il y a deux ans, très saine, mais pas mal amochée coté cockpit. Je vagabonde régulièrement de ce côté, mais j’ai les idées claires et les conditions sont nombreuses pour la perle rare : Outlaw elle sera, tangerine, flancs légèrement élargis, baby fuchs, base 2L de 73 en injection,…. Et surtout un prix raisonnable pour une voiture qui ne se décide pas (se décidera-t-elle un jour ?) à monter en côte.

A l’instant, entre deux rénovations dans mon pied à terre Béarnais, je suis en train de retaper le vieux Solex 5000 de la famille, Jaune bien sûr !

Meet the Boss, Magnus Walker!

 

 ©Entretiens 912 #7 avec David par Antoine Gaslais et Jeff pour le 912 club.

Novembre 2017.

Photos David/kasper Nybo

Merci à david pour avoir pris du temps à repondre à nos questions . 
Si vous voulez vous aussi partager votre passion, contactez Antoine à l’adresse suivante : antoine@912club.fr


 

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